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Je me mène là où je vais
J’ai peur de regarder ce chemin inachevé. J’avance les yeux paralysés par ce même décor. Cette même atmosphère mélancolique. J’avance en traînant derrière moi cette même morosité grandissante. Alors… Alors, je t’écris Peur. Je t’écris pour éviter les pleurs qui ne délivrent en rien. Je souhaite fermer à double tour toutes ces incertitudes qui m’enferment inconsciemment dans mes blessures. Cette sensibilité je la rejette. Elle m’obsède et m’empêche de me faire comprendre. Quand elle me ligote de ces silences pesants, je sais maintenant que personne ne peut me délivrer. J’attends qu’elle passe son chemin. Ce chemin si dur à apprécier. Je finirais bien par atteindre encore ce virage et, devant celui-ci, l’odeur de ces fleurs imagées me revigorera. Ces couleurs habilleront mon être de douceur. Je m’armerais de courage pour affronter la prochaine ligne droite. Tu comprends Peur ? Comprends-tu que je suis le fruit de cette sensibilité obsédante ? Je me mène là où je vais. A quand ce beau et nouveau virage ?
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