Extrait publié dans le journal littéraire numéro 51 en novembre 2004:

«… Gladys entretient avec l’écriture un rapport privilégié qui lui permet de se ressourcer, tout en dévoilant avec sensualité, mais non sans pudeur, cette charge émotionnelle qui l’anime. Nous découvrons avec délice une prose empreinte d’une poésie charnelle, ou les sens se révèlent hors du superflu, ne laissant transparaître que la plénitude du sentiment amoureux…»
 
 
|Juillet 2004|

Plaisir Éphémère

Le mot plaisir s’accorde à la perfection avec le mot désir.
Le plaisir d’imaginer dans ses rêves les plus fous, le désir de séduire.

Faire l’amour est une belle poésie de deux corps. L’échange avec les yeux reste tout de même l’extase à l’état pur.
Quel est le sentiment le plus fort : Désirer ? Se faire Désirer ?
« Elle » avait toujours su puiser le meilleur. Elle se délectait de tout plaisir érotique et se nourrissait d’amour… Éphémère.

Assise sur son rocking-chair, elle conte aujourd’hui ses souvenirs. Pas une seule seconde, elle n’eut de regrets. Elle arrive même encore à ressentir cette chaleur enivrante en elle. Elle se souvient parfaitement de sa toute première fois. Pas seulement l’acte d’amour, non. Mais la première fois où elle eut un orgasme d’émotions.

- Bonsoir…
- Enchanté…
Il avait un regard envoûtant. J’arrivais à lire dans ses yeux comme dans un livre ouvert. Mais y lire quoi ?
Une profonde timidité intérieure. Un homme enfant où la maladresse et l’humour l’envahissaient d’un charme fou.
Pendant le dîner, sans se toucher, je ressentais la chaleur de ses mains posées sur la table. Juste à côté des miennes. Sans oser le regarder, je pouvais m’imaginer le confort que d’être appuyée contre son épaule.
Est-ce que je le désirais ?
Est-ce que je tombais sous son charme ?
J’avais juste cette peur de succomber à l’envie de l’enlacer. Non. Pas maintenant. Pas tout de suite…


Lorsque l’on vit un échange si intense, on ne peut en oublier chaque détail.
Ce souvenir extraordinaire, presque irréel, reste encore très réjouissant.
Ce jeu de séduction fusionne entre le regard des mots et le soupçon de cette senteur sucrée.
Cette tentation dominante apporte des fourmillements dans tout le corps et chaque mot, chaque souffle, prend toute son importance.

Après le dîner, nous partîmes boire un verre chez lui. Il faisait frais. L’air était pur.
Assise sereinement sur le canapé, j’attendis qu’il m’apporte une coupe de champagne. Intérieurement, je le voulais. Je le désirais tellement fort que mon corps se relâchait. Ma peau frissonnait.
Assis à mes cotés, je contrôle avec peine mon envie de l’embrasser à pleine bouche. La lueur de cette bougie dans ses yeux, me plongea dans un film en noir et blanc. Là où les héros s’embrassaient à perdre haleine.
Notre baiser fut doux. Les gestes maladroits. Son parfum était envoûtant et ses lèvres brûlantes.


J’étais envahie de pulsions profondes.
Nos confidences s’exprimaient de part nos échanges de regards. Mes mains étaient stimulées par l’envie de fondre dans cette brûlante passion.

Il me prit la main et m’emmena dans cette chambre où la magie de deux êtres se dessinent dans des caresses torrides.
Je brûlais d’envie de lui ôter ses vêtements. Non. Pas tout de suite…
Avec douceur, nous nous enlaçâmes pour ne former plus qu’un. Coucher sur lui, il dévora mes épaules dénudées. Mes lèvres s’engloutirent dans le creux de son cou.
Nos envies s’accéléraient et nos gestes devenaient plus abrupts.
Comme un sauvage a la peau si douce, il me renversa sur le lit et m’embrassa sur le bas ventre.
Ôtant mon maillot délicatement, il croqua chaque passerelle de ma peau.


Que c’est bon … Si bon de ce sentir vivante. Nos mélanges de tendresse formaient une harmonie agréable et je me nourrissais de chacun de ses baisers.
Il épousait chaque partie de mon corps et m’enveloppait de sa douceur. Mon cœur se remplit inconsciemment d’amour et ce feu passionnel brûlait en moi.
Nos âmes s’évadaient et une sensation troublante nous envahissait. Celle de ne jamais être rassasié. Jusqu'à nous faire perdre toute raison et sagesse.

Les heures passaient…
Allongé sur mon corps humide, des perles de sueur coulaient sur son front. Cette danse du plaisir fut douce. Puis plus intense.
Je me donnais à lui sans limite.
Mes pincements de lèvres lui offraient le plaisir de continuer encore et encore…
L’extase… Comme l’éclosion des fleurs au printemps, je m étais ouverte à lui entièrement.
Une ivresse…
Une réjouissance que de voir apparaître un si beau sourire sur ce visage épanoui.


« Elle » eut les larmes aux yeux…


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